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dimanche 24 janvier 2021

Le site Internet de la SNEL a été piraté : Ce n’est que le début d’une longue série !


Il m’est impossible de refreiner l’envie de faire échos de cet évènement, très anodin à l’échelle de ce qui a déjà été fait comme performance par les hackers en RDC, mais lourd de sens, car public. En effet, certaines personnes mal intentionnées, dirait-on, auraient piratés le site Internet de notre fournisseur national et unique de courant électrique. Ceci est à déplorer et à condamner. Mais en même temps tellement prévisible pour les érudits que ça pourrait donner à certains des larmes de rires. Néanmoins, attention, cela arrive aussi, parfois, à des sites célèbres, personne n’est à l’abri.

Il va sans dire que le numérique apporte son lot de consolation et de désolation. Au fur et mesure que la RDC dans son ensemble s’informatise ou se numérise à son rythme, ces genres d’attaques feront partie du lot quotidien. Ceci n’est pas une fin en soi, il faut juste que les acteurs, les institutions ou les entreprises concernées prennent à minima les précautions nécessaires et les mesures de sécurité adéquates afin d’éviter le désagrément d’une indisponibilité de service comme le vit en ce moment la SNEL. Dieu merci que le site de la SNEL ne soit pas encore un site transactionnel ! La simple vue des cartes de visites de certaines autorités ou institutions de l’Etat avec des mails Yahoo, Google ou Hotmail, ou le simple fait d’imaginer que nos Conseils des Ministres se font sur un serveur Microsoft Teams (basé à l’étranger) me fait penser que la question de la sécurité n’est pas du tout prise en compte comme il se doit, ou tout simplement elle est loin d’être une priorité. Il encore temps de changer de fusils d’épaule très rapidement.

Que faire ?

1.   1. Sans attendre, la mise en place d’une institution nationale en charge du numérique, comme la création de l’Agence Nationale du Numérique, portée par le Conseiller Spécial du Président de la République en charge des NTIC devient un impératif. Sa détermination dans ce sens conforte la communauté du numérique en RDC. Mieux encore, cette institution pourrait porter en son sein un département en charge de la cybersécurité capable de donner les grandes orientations techniques et d’impulser une vraie démarche collective de protection à l’échelle nationale. Cela pourrait se faire en forte collaboration avec toutes les institutions en charge de la Sécurité intérieure et extérieure du pays. L’exhortation de l’Autorité dans ce sens va sans dire.

  2. L’accompagnement législatif est également majeur afin de déterminer clairement le périmètre d’intervention, la matrice de compétence de chaque institution et le mode opératoire. C’est pourquoi, nos législateurs doivent s’impliquer davantage dans une matière tranverse qui touche tout le monde à tous les niveaux et qui le sera davantage dans le futur. La loi sur la cybercriminalité pourrit dans les placards depuis plus de 7 ans et n’a pas encore été adoptée au Parlement. Il est grand temps de la dépoussiérer et de la rendre effective.

      3. Il a a été organisé du 17 au 21 septembre 2018, avec l’aide active de l’UIT (l’Union Internationale des Télécommunications), sur demande du Gouvernement de la RDC un atelier interinstitutionnelle sur la Cybersécurité. L’intention était de doter la RDC d’un plan d’organisation et d’action pour combattre la cybercriminalité. Ce qui fut fait, les documents pourrissent à la Primature, rien n’est fait à ce jour par manque simplement d’une organisation responsable en charge de l’exécution opérationnelle de ce type de dossier. Mieux encore, l’IUT se proposait de nous accompagner pour la mise en place d’un Centre de Sécurité National au même titre que les autres pays d’Afrique. Une fois de plus l’avènement de l’ADN (Agence du Numérique) est plus que nécessaire.

La liste peut être plus longue mais ma réflexion s’arrête sur ces trois points essentiels, qui, à mon sens sont les plus importants. Pour conclure Yakafokon !